L’agence new-yorkaise Redub a mené une expérimentation sur un système de publication qui révolutionnerait la consultation des magazines en ligne. Intitulé Redub Reader, le projet est parti d’une double observation des interfaces actuelles : elles investissent la métaphore du livre ou s’inspirent de la logique de lecture verticale des blogs. Pour ces deux pratiques culturelles distinctes, l’agence a judicieusement relevé nombre de problématiques. Pour les faux-print magazines (comprenez des maquettes print transposées en expérience multimédia), qui peinent à impliquer les lecteurs et à satisfaire les annonceurs :
- ils sont transposés directement en PDF ou en images
- ils posent des problèmes de lisibilité
- ils ne sont pas référençables
- ils gardent telles quelles leurs publicités
- le contenu n’a pas de valeur ajoutée et est difficile à hyperlier
- le potentiel multimédia n’est que rarement exploité
Pour les modèles inspirés des blogs :
- ils sont techniquement limités par les possibilités de HTML / CSS
- le défilement vertical empêche une lecture continue
- ils sont difficiles à distinguer des blogs
- l’intégration des formats publicitaires fait baisser la valeur des annonces
Ci-dessous l’intéressante présentation de Redub partagée sur slideshare :
Certaines des observations formulées sont justes, mais comme le fait remarquer à juste titre Jason Santa Maria dans un commentaire sur le site Konigi, la prétendue limitation des possibités de HTML / CSS ne fait que retranscrire le manque d’imagination des concepteurs.
La réponse aux problématiques a été formalisée dans une démonstration (en Flash) de Redub Reader, élaborée à partir d’un numéro du magazine Good. L’initiative témoigne une fois de plus des tentatives qui sont menées, au même titre que le beaucoup plus convaincant Times Reader, pour définir des expériences de lecture hybrides entre l’imprimé et l’écran. Ici, dans Redub Reader, le masquage des menus de navigation supprime tout contexte et rend le parcours de lecture confus. Il met néanmoins en lumière le potentiel multimédia qui lie une pratique culturelle comme la lecture d’un support imprimé et une autre pratique dans laquelle le support formel de l’information est rattaché à des métaphores. Le prototype réitère, selon moi, l’écueil d’une interface full-Flash sans qu’un usage spécifique puisse le justifier pleinement. Mais, au-delà du choix technologique se font jour les mêmes intuitions dans lesquelles l’architecture des pages tend irrémédiablement vers la logique horizontale et un besoin d’innovation formel.
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mathieuavons
8 months ago
Je ne suis absolument pas convaincu par ce modèle. La navigation disparait complètement et devient complètement confuse.
Aujourd’hui le scroll reste le meilleur moyen de scanner rapidement une page, il permet de descendre RAPIDEMENT dans une page et laisse un contrôle total à l’utilisateur.
Le concept “don’t make me scroll” n’a pas de sens pour un article long, il implique de multiple clics pour être lu en entier puisqu’il est découpé en plusieurs page. Il n’y a pas plus laborieux.
Jason Santa Maria a clairement démontrer qu’il était possible d’avoir une mise en page riche & créative grâce au “modular template” en xHTML & CSS.
Il est possible aussi d’utiliser les “Flexible Layouts” pour avoir des pages qui s’adaptent aux tailles d’écrans.
Enfin, les technologies de remplacement de caractères type sFIR montrent qu’on peut utiliser n’importe quelle typographie.
Toutes les solutions existent pour conserver le puissant modèle xHTML+CSS, je ne crois pas qu’il soit nécessaire (pour l’instant) d’inventer de nouveaux formats.