Le quotidien national espagnol Elmundo.es vient de lancer sa page d’information personnalisable, Mi Mundo. Sa conception (= son design) est assez réussie avec un travail de lisibilité assez judicieux, où la structure modulaire de la page n’est pas au premier plan mais privilégie la typographie des niveaux de lecture. Le designer américain Andy Rutlegde avait thématisé ce schéma de conception comme une quiet structure. Par-là, il faisait référence au nouveau design de CNN.com, où cette technique était employée :
Quiet structure is achieved when you de–emphasize the structural elements; the containing boxes, structural lines, bullets, structural color elements, etc… and bring a rhythmical consistency to the layout. The result is that the content becomes more conspicuous and the overall clarity of presentation is greatly enhanced.
Bien entendu, le design de l’interface ne suffit pas à lui seul à résumer l’intérêt d’un tel service.
La pratique de l’information personnalisable existe déjà depuis longtemps dans la presse en ligne, catalysée par le succès de Netvibes et de son écosystème. Son principe consiste à laisser à l’usager la possibilité d’ordonnancer les unités d’information en fonction de ses préférences. Généralement, il peut choisir un habillage graphique et contrôler le volume d’information affiché. Paradoxalement cet usage a tendance à gommer la hiérarchie de l’information, car les pages d’information personnalisables proposent des interfaces où la règle est la standardisation. Ces solutions ne permettent pas de creuser l’usage en profondeur car il faut perpétuellement en explorer les potentialités nouvelles.
Certains journaux ou sites d’information en ligne proposent différents niveaux de personnalisation. J’en ai rassemblé quelques uns.
Logique commune avec la page d’accueil de la BBC, qui développe la même volonté de passer la modularité au second plan :
Initiative plus ancienne, celle de The New York Times, avec MyTimes, dont l’usage n’est pas fondamentalement différent (et qui permet d’importer des flux externes) :
Le Figaro et Les Echos ont exploité le moteur de Netvibes, en paramétrant uniquement le “look and feel” (cette expression aura toujours pour moi une connotation négative, signifiant que l’on se s’est attaché qu’à la surface de la problématique). L’intégration est satifaisante.
Le Miami Herald et MSNBC (en second), sans embrayer sur une approche à la Netvibes, permettent certains paramétrages comme le réordonnancement des modules (remarquez au passage la logique horizontale du contenu vs les logiques modulaires des autres sites) et le choix du volume de titres :
Ce ne sont là que quelques exemples glanés sur les sites des principaux titres. Je ne suis pas certain que ces démarches répondent à un véritable besoin de personnalisation. Notamment parce que, par nature, la valeur ajoutée de l’information dans la presse, c’est notamment son traitement et le choix de la hiérarchie de l’information. Qu’en pensez-vous ?
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RyadN
7 months ago
Et ce sentiment que le web lit dans mes pensées me revient: je cherchais précisément en ce moment un moyen de créer ma page d’info à consulter chaque jour!!
Merciiiiii très pratique cet article!