La BBC 2 a imaginé une curieuse comédie pour mettre en scène l’exubérance de Philippe Starck, Design for life. Son théâtre est Paris et son décor un établissement culturel et artistique, le 104. La vie et la mise à mort (celle des aspirants designers) se côtoient étroitement dans cette première émission de télé-réalité dont le sujet central est la figure du designer. Une farce dont l’argument repose non sur le design comme discipline mais sur la fascination sociologique exercée par la figure du designer.
Il faudrait se garder de tomber dans le piège trop évident d’un Starck conforme à son image médiatique. Ce sont les codes mêmes de l’émission qui s’évertuent à en produire les signes reconnaissables. Ce n’est pas du tout comme arrogant, superficiel et suffisant qu’il faut percevoir le système de Starck à travers son portrait mais mais plutôt comme un objet curieux.
Le piédestal qui lui est offert montre à quel point le design est réduit à un processus magique, d’ailleurs plus tard en contradiction avec l’examen analytique des réponses des étudiants à la devinette posée par le designer.
En écartant toute possibilité de définir la discipline (ou ce qu’est un designer), l’émission de la BBC2 montre que le design est un système de décisions plus ou moins arbitraire. Les critères de sélection resteront implicites, ne pouvant donner d’autre justification que la “paresse” ou le manque d’originalité, de “créativité” comme l’énonce Starck dans son portrait.
Le choix crypto-symbolique du lieu du 104 (une ancienne morgue) est la métaphore du processus de sélection – ou plutôt d’élimination – de l’émission.
Il ne sera jamais vraiment question du design pendant les 59 minutes de l’émission mais du rapport infantile que chacun entretient avec un certain discours (du maître) sur le design. Les candidats sont filmés comme des courtisans s’évertuant à plaire, guettant anxieusement le faux-pas.
La fin de l’émission insiste sur la difficulté de la décision finale, pour faire monter la tension dramatique, mais aussi pour révéler le doute cartésien qui s’empare du designer, refusant de reconnaître la place de l’intuition dans le processus du design.
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Twitted by bdrouillat
5 months ago
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tymc
5 months ago
cette critique ne vaut pas mieux que l’accent anglais de Starck.
la tonalité impéteuse et désinvolte employée par cet article est franchement déplacée, on lit une critique acerbe, méchante et injuste.
Les métaphores fantaisistes (morgue, courtisans, …) ne sont franchement pas pertinentes et visent seulement à descendre méchamment l’émission.
On aurait pu AU MINIMUM souligner l’initiative de la BBC à mettre en place une émission de Real TV qui élève un peu le niveau et s’interesse à des arts méconnu du grand public, à savoir le Design. On peut apprécier l’approche – basique – du design, la pensée de Starck reste relativatement bien traduite.
Enfin, les quelques questionnements sur l’objet / la consommation / la valeur des choses… apportent un sens à l’émission, même si on reste souvent à la surface des débats.
gaspard
5 months ago
On retrouve dans cette émission les clés qui ont fait le succès des nouvelles pop star académies, à savoir : la diversité des profils des candidats (pour faciliter le processus d’identification), l’accès à un statut de célébrité (d’où la starification du métier de designer objet) et la dramatisation de l’échec (pour créer du sentiment, et de l’audimat).
Cette émission n’éclaire pas plus sur le métier de designer objet de que le château n’est le reflet du métier du spectacle et de la chanson, il faut que le contenu soit digeste pour le téléspectateur et qu’on y jette suffisamment de paillettes pour faire rêver.
Benoît, le ton critique que tu emploies est aussi compréhensible que celui de nos amis musiciens quand ils zappent sur une émission de TV réalité musicale. Mais au fond, on s’en fout, c’est juste de la télé, non ?
Twitted by DavidSerrault
5 months ago
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