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Le nouveau site d’Intelligence Online

Publication papier depuis 1980 et site web depuis 1995, Intelligence Online (anciennement Le Monde du Renseignement) décrypte depuis 30 ans les activités des services de renseignement dans le monde. Dès le début des années 90, Intelligence Online a été un aussi un témoin attentif de la naissance de l’intelligence économique, dont il suit depuis tous les développements. Le nouveau site web de la publication dont j’ai élaboré l’architecture de l’information et le design d’interface, est en ligne.

La particularité d’Intelligence Online est son modèle économique, entièrement financé par les lecteurs, avec un modèle par abonnement et transactionnel. A partir d’un site assez ancien, nous avons réfléchi pendant 6 mois avec l’équipe aux meilleurs moyens d’améliorer l’expérience du service, son attractivité marketing, son design d’interface, les processus complexes qui se trouvent derrière le design de l’information… jusqu’aux e-mails. Je pense que ce site apporte une réponse intéressante aux questionnements actuels de la presse sur le contenu payant. La valeur ajoutée de l’information. C’est là où il me semble que l’équipe a véritablement innové, sachant imaginer un modèle assez unique pour son service. Pour soutenir ce modèle payant et le développer, nous avons particulièrement travaillé la conception (architecture de l’information). Quelques écrans avant / après et story-boards.

Nouveau site :

Intelligence Online- l'information stratégique globale

Ancien site :

Intelligence Online- l'information stratégique globale 2

Story-boards :

story-IOL-home

story-IOL-europe

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Les webdocumentaires d’Upian

Difficile dernièrement de trouver des sujets d’intérêt dans le domaine de l’information en ligne, même (et surtout) avec l’iPad, encore trop neuf pour laisser la place à une réflexion approfondie. Je viens de recevoir une belle newsletter d’Upian, qui présente les derniers travaux de l’agence, dont l’une des spécialités est d’accompagner les journaux en ligne dans le design de leurs services. Leur intérêt pour le genre du webdocumentaire — qui devient à la mode — n’est pas récent. Arte et France 5 ont produit un certain nombre de webdocumentaires depuis quelques temps déjà et se structurent dans ce domaine. Upian a fait beaucoup plus que ce que l’on a l’habitude de voir dans ce média, ils ont imaginé à chaque fois une interface et une expérience qui servent le propos documentaire, réconciliant Flash et le contenu. Ce sujet est à la fois proche et éloigné de toutes les analyses que j’ai servies ici. Ces travaux, en particulier ceux d’Upian, sont l’illustration ultime de l’hybridation des médias dont parlait McLuhan. Le narratif est la trame qui lie ensemble le texte, l’image statique, la vidéo, le son, l’interactivité…

Le plus récent travail webdocumentaire d’Upian, c’est Havana/Miami. Pour eux : “L’internaute peut suivre ces récits de manière non linéaire au travers d’une interface originale, sur laquelle il peut témoigner, réagir par écrit, en photo en ou vidéo. Possibilité lui est donnée aussi d’envoyer les vidéos à des amis, les intégrer à son blog, etc.”. C’est un nouveau genre narratif, construit sur de courtes proposition vidéos de 2 minutes. Pas uniquement agencées entre elles par le truchement de l’interface, mais articulées selon différents schémas de navigation temporels, thématiques, en quelque sorte, une histoire dans laquelle on peut pénétrer à travers plusieurs points d’entrée.

[Havana-Miami] -- Les temps changent

Upian a également conçu l’interface de Portraits d’un Nouveau Monde, un webdocumentaire produit par Narrative et France 5. Une autre façon de contribuer à l’énonciation, à travers le design d’interface, de ces narrations d’un genre nouveau.

Portraits d'un Nouveau Monde

En avril sera lancé aussi Prison Valley, un autre webdocumentaire qui nous plonge dans l’univers carcéral américain. Le blog dédié détaille davantage

Prison Valley – Le blog ! » Un webdocumentaire de Philippe Brault & David Dufresne produit par Upian, co-produit & diffusé par Arte.tv, avec l'aide du CNC. Sortie - 2010

Et plus largement, Arte a également lancé un site rassemblant tous les webdocumentaires qu’elle produit, webdocs.arte.tv

Webdocs – ARTE

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Le nouveau design de Europe1.fr infusé par les références américaines

Europe 1, grande radio privée généraliste française, a refondu son site web. Je trouve assez intéressant de voir que le site reflète davantage l’identité d’une publication au contenu textuel qu’un media sonore. Son design est infusé par les références de conception (nord) américaines :

  • sa cohérence en 3 colonnes évoque immédiatement le site de la radio publique américaine, NPR
  • la composition, tout en Arial, rappelle (avec un interlignage trop serré), TheStar.com
  • son système de balcons, qui place en exergue les vidéos, emprunte aux sites d’ABC News et de Financial Times (pour le coup, lui, anglais)

En cela, le site ne cherche pas particulièrement à questionner l’usage / l’expérience d’un média sonore en ligne. On voit très clairement circuler d’un site à l’autre des schémas de conception qui les font participer d’un même genre interactif, celui du site web d’information. Difficile, dans le cas d’Europe1, de mettre le rich media au coeur du site et il y a sans doute plusieurs raisons structurelles à cela. Contrairement à ses consoeurs, Europe1 ne place pas en avant son lecteur audio. Que serait la radio, par exemple, si elle adoptait le parti pris radical choisi par le site musical The Sixty One ? Bien entendu, dans ce type de configuration, le modèle économique, fondé pour Europe1 en grande partie sur la publicité, est adressé d’une façon différente par le design.

Europe1 - Radio d'Actualité et News Politique, Culture, Economie, Sport - Europe1.fr

Europe1.fr - Politique - Sarkozy promet la baisse du chômage

(3-28) Taller Children - Elizabeth & The Catapult

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Évolution de la page d’accueil de USA Today

USA Today a fait évoluer l’architecture de l’information de sa page d’accueil. L’ancienne version souffrait de plusieurs défauts, notamment du manque de tension développé par sa grille. Cette page d’accueil passe d’une structure d’articles très linénaire (et longue), inspirée d’une structure proche du blog à une approche modulaire (plus courte). Elle apporte ainsi une granularité plus forte des unités de contenu, qui met davantage en lumière les rubriques thématiques, mais aussi la hiérarchie de l’information. Andy Rutledge avait émis des réserves en 2007 sur la nouvelle version d’alors du site, déplorant une grille incohérente. Depuis, USA Today a procédé à de multiples ajustements et cette évolution constitue le changement le plus visible. Le quotidien a cherché également (en réponse à CNN ?) à donner une place plus forte aux éléments rich media dans le carrousel intitulé “Top picks”. L’efficience de la navigation a été améliorée, avec une subtilité dans le bandeau : il s’adapte désormais à la résolution utile du navigateur. Enfin, je trouve intéressant que le billet d’annonce de cette évolution fasse référence, à travers le design, à l’amélioration de la performance du site (25 % plus rapide à charger). Les sites d’information grand public semblent raffiner progressivement leur intelligence du  design éditorial / design d’information, dont l’enjeu n’est pas uniquement le design visuel mais la conception / la structure qui est pour moi avec la typographie et le traitement rich media de l’information, l’axe d’amélioration le plus essentiel.

News, Travel, Weather, Entertainment, Sports, Technology, U.S. & World - USATODAY.com 2

News, Travel, Weather, Entertainment, Sports, Technology, U.S. & World - USATODAY.com

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Mag+, un design concept de magazine innovant

L’avènement des tablettes continue de susciter les expérimentations. Cette fois, l’agence Berg, qui a collaboré avec la R&D de Bonnier, propose un design concept expliqué dans cette vidéo de 8 minutes. Très intéressant de parcourir le processus du design de ce magazine tactile, où sont détaillés les choix de l’interface. La déconstruction tout en wireframe de Jack Shulze, le narrateur de cette vidéo, permet de retracer le chemin de création. Dans ce scénario d’usage(s), il est beaucoup question de nouveau mode de consommation de l’information, de parcours de navigation / parcours de lecture, de rapport texte / image. Jack Shulze défend le principe d’une lecture verticale en pointant que les expériences de lecture les plus réussies relèvent de cette configuration : e-mails, blogs, etc. Il souligne également la dimension immersive de l’expérience de lecture. Un autre détail intéressant, le menu contextuel radial.

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La maquette de The New York Times Style Magazine

The New York Times a refondu au début du mois son Style Magazine, qui comporte plusieurs caractéristiques intéressantes : l’organisation spatiale des pages (en particulier le rapport dans le colonnage), son identité, sa prise en main. En arrivant sur le site, le gigantesque diaporama vertical ne peut (métaphoriquement) signifier que la couverture d’un magazine. Les formats géants des photographies cherchent à inverser le rapport texte/image — cela va dans le sens de cette reprise des codes graphiques du magazine papier. Cette lecture verticale justement est le contrepied de ce que l’on voit actuellement — la recherche d’un ancrage horizontal. A noter aussi, la composition centrée des titres et des chapeaux… très élégant.

T Magazine - Continuous Style Coverage - The New York Times

Design and Interiors - T Magazine - The New York Times

Man of Mystery - The New York Times

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Lisibilité des sites web, pour un nouveau design d’information

Lisibilité des sites web de Marie-Valentine Blond, Olivier Marcellin et Melina Zerbib vient de paraître chez Eyrolles. Il s’inscrit dans la même collection qu’Ergonomie web d’Amélie Boucher, dont le succès témoigne déjà d’un certain renouveau de la réflexion sur les enjeux du design d’interface web, au-delà des approches purement techniciennes. Sans être moins accessible que l’ouvrage d’Amélie Boucher, le livre développe une approche inédite sur la typographie, qui questionne en profondeur le rapport à l’information « mise en écran ».

lisibilite-sites-web-eyrollesLa lisibilité est le fil conducteur qui articule tous les aspects fondamentaux du design d’information pour les interfaces web : processus de lecture, conception éditoriale, accessibilité web, typographie pour l’écran et organisation de l’information dans l’espace de la page web.
A la fois ouvrage de fond, pédagogique, utilitaire et manifeste en faveur de la (bonne) pratique typographique, Lisibilité des sites web est une dense et passionnante exploration. Il formule de nombreuses propositions — pas uniquement méthodologiques mais créatrices — pour favoriser un usage de l’information à la fois plus pertinent et rigoureux.

La première partie, « Ce qu’il faut savoir de la lisibilité » — la plus théorique — emprunte la voie cognitive pour introduire le concept de lisibilité. En filigrane, la référence aux facteurs humains, plus présente dans la pensée anglo-saxonne que la pensée francophone, se devine. La seconde partie, « La typographie et le web », puise l’essentiel de sa matière dans l’histoire des caractères pour l’écran et une description très solidement documentée des techniques sous-tendues. La confrontation entre la culture / les principes « traditionnels » de la typographie et les nouvelles possibilités engendrées par le web permet d’articuler une réflexion originale sur le statut, la pratique et la perception de la typographie dans l’écran. Enfin, la troisième partie approfondit cette relation en examinant « la mise en écran, la structuration des contenus et la diffusion sur le web ». En une centaine de pages, 4 chapitres dressent un tour d’horizon magistral de l’environnement écran de l’information. De manière judicieuse, le chapitre « structurer les contenus web » revient sur l’architecture de l’information pour mettre en lumière son articulation étroite avec la typographie et les choix formels du design.

Initié pour illustrer en particulier l’une des facettes du design de l’information, Lisibilité des sites web est un ouvrage de référence à lire autant comme une introduction au design des interfaces que comme un outil. Son ouverture sans précédent témoigne non seulement d’une maturation en profondeur du design d’interface mais du renouvellement du dialogue entre les disciplines du design. Loin de se contenter de transposer sur le web les principes typographiques de l’imprimé — comme cela a déjà été réalisé auparavant par d’autres—, les auteurs hybrident les deux cultures dans un propos qui augmente la portée de l’héritage typographique et la prise en compte des nouveaux usages.

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Libération : un journal mis en abyme dans une interface mobile

Libération, qui a travaillé avec l’agence Visua Mobile pour son application iPhone, formule l’intéressante proposition d’une version papier consultable dans l’interface :

vous avez accès au journal tel qu’il est vendu en kiosques, vous pouvez le feuilleter et lire les articles d’un simple toucher.

Mon propos ici n’est pas de juger la qualité du service mais plutôt de tenter d’analyser sa portée en termes de sens. Moyennant un temps de chargement (assez conséquent pour moi en EDGE), le support formel du journal papier devient support de navigation pour accéder à des articles dans l’application iPhone. Au-delà de la problématique de la lisibilité des titres d’article à l’écran (+ la justification du texte courant), je trouve passionnant le besoin que suscite le numérique de se raccrocher à la matérialité des supports de l’information. Cette métaphore de navigation, le journal lui-même, propose-t-elle un journal miniaturisé ou une relation hybride et nouvelle entre ses supports ? Cette expérience laisse perplexe, car on ignore si c’est la nostalgie du papier ou le désir d’innovation qui a conduit le journal à formuler cette étrange proposition. D’un point de vue utilitaire, le principe n’apporte qu’une correspondance approximative au mieux et au pire illlisible entre le journal papier et une interface mobile. C’est une transposition assez fruste d’un medium dans un autre medium. D’un point de vue symbolique, la mise en abyme ne peut que suggérer un questionnement sur le rapport hiérarchique entre les différents media et la difficulté à se départir de la culture du papier. Le procédé donne assurément naissance à un objet curieux, une chimère. Une sorte de monstre fabuleux et composite, dans lequel cohabitent 4 paradigmes différents, une interface mobile, web, logiciel et papier à la fois. En somme, une sorte de désir irréalisable ou la projection fantasmée des difficultés rencontrées par la presse en général et Libération en particulier, car comme le note la notice Wikipédia de chimère :

[...] la Chimère était présage de tempêtes, de naufrages [...]

Pour moi, cette interface témoigne inconsciemment des questionnements suscités par les modes de diffusion multipliés de l’information. Un jeu de relations et de filiations complexes et fascinantes, c’est ce à quoi nous ramène l’application iPhone de Libération.

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Le Los Angeles Times s’essaie à l’information personnalisée

Le Los Angeles Times expérimente une solution, développée par la société VisualDNA, qui permet de proposer un nouveau service d’information personnalisée …et de profiler ses usagers. Le dispositif, nommé Newsmatch sur le site du LA Times, consiste en un quiz visuel grâce auquel les préférences des visiteurs sont collectées et analysées. En retour, Newsmatch affiche du contenu ciblé. Tous les sites partenaires du service partagent entre eux la base de donnée, en laissant toutefois aux usagers le contrôle sur leurs données.

Dans l’ère de l’économie de l’attention, cette solution pourrait sembler a priori pertinente, mais la restitution visuelle des intérêts — au demerant très stéréotypés — des lecteurs apparaît plutôt comme une limitation du contenu (et du design…). Ici, la valeur perçue au final n’est pas suffisante pour améliorer l’expérience de l’information. Nous sommes plus proche de l’expérience marketing que de l’expérience journalistique. J’avais par ailleurs déjà évoqué les usages nouveaux de news games comme une construction particulière de l’actualité. Bien sûr, dans Newsmatch l’implication du lecteur revêt une connotation très marketing, laissant présager de l’intérêt de collecter de telles données. Une telle construction de l’information relève-t-elle du journalisme ? Je n’en suis pas sûr. Que serait un vrai site d’information personnalisée (par opposition aux sites costumisables, participatifs, etc.) ?

LA Times

Los Angeles Times

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Notes de lecture sur Communiquer en rich media

Dans Communiquer en rich media, Alain Joannès introduit la distinction entre plurimedia (plusieurs media s’additionnent sur des supports différents), multimedia (plusieurs modalités sont proposées dans un même support, comme un site web) et rich media (un ordonnancement complémentaire, scénarisé et interactif de plusieurs modes d’expression). Ces définitions permettent de concevoir qu’aujourd’hui multimedia et rich media sont souvent confondus. Le projet d’Alain Joannès est de faire tendre le traitement de l’information vers le rich media. On perçoit d’emblée, dans le propos de l’auteur, la volonté d’insister sur les potentialités de ces usages et non une attitude de défiance. C’est un positivisme qui contraste avec la pensée ambiante de la profession. Ces définitions sont immédiatement reliées à des solutions possibles pour la crise de la presse. Pour cela, l’ouvrage d’Alain Joannès doit être distingué.

Quand Alain Joannès envisage les modes d’expression (chapitre 1), c’est avec une conscience surprenante des enjeux du design d’information. Il se montre même critique quand il relève les procédés faciles du “web pour faire de la télévision”. Pour lui, “un organe de presse en ligne peut très bien proposer de très nombreuses photographies et vidéos sans être vraiment rich media parce qu’il ne rompt pas complètement avec l’ergonomie des médias traditionnels, ceux du papier et du web en mode texte”. Quand l’auteur démonte les mécanismes de Flyp (étude de cas 2), un magazine multimédia, il en perçoit avec acuité les limites. Loin d’adopter un discours trop laudatif sur le multimedia, il porte un regard critique.

La notion de bricolage informationnel développée par Alain Joannès consiste à explorer les potentialités interactionnelles du rich media. C’est une approche particulièrement habile car elle insiste davantage sur la nécessité de questionner la pratique interactive que l’impasse actuelle liée aux modèles économiques. Communiquer en rich media se révèle un excellent trait d’union dans la façon dont il relie réflexion, conception (et donc design) et outils. Il témoigne du processus d’élaboration de l’information tant d’une manière pratique qu’avec une approche conceptuelle. Même si l’ouvrage aurait pu relier plus formellement traitement et structuration (chapitre 6) avec les méthodologies de l’architecture de l’information. Par sa curiosité de la chose interactive, Alain Joannès réussit toutefois à (ré)concilier le savoir-faire journalistique de l’écrit, de l’image et de la radio avec la culture numérique. L’ouvrage est un objet au confluent des deux cultures.

Communiquer en rich media est ponctué de visions très justes, comme celle de l’amoindrissement progressif du web en mode texte. Une autre vision est celle des métiers et du management des expertises et des compétences (au chapitre 7).  Il s’emploie à répondre aux craintes et aux réticence de sa profession face aux évolutions inévitables de l’information. Il dresse l’inventaire des expertises, presque exhaustif, qui pourrait être complété par le design d’information et la scénarisation interactive. Car se pose en effet la question de qui conçoit les modules rich média dans cette chaîne d’expertises. Par ailleurs, le terme “animations” traduit sans doute davantage le dialogue avec l’interface, pour s’ajouter au “sens de la narration”. L’auteur loue les avantages du travail en essaims. Alain Joannès montre aussi — car la réflexion est globale — que l’achoppement actuel de la presse s’explique par un management inadapté davantage que par un manque de moyens ou de compétences : “A l’ère des réseaux communicants, l’organisation hiérarchique pyramidale est frappée d’archaïsme” (p 104). La pensée va jusqu’à remettre à plat la problématique des rédactions intégrées. La fin de l’ouvrage est marquée par deux saisissantes visions, qui ne font que renforcer sa pertinence : “recourir au rich media, c’est s’inscrire dans l’économie de l’attention”. C’est bien le coeur des enjeux. La seconde, c’est celle d’une information enrichie par agrégation continue, l’information en mode wiki. Alain Joannès ne fait pas qu’apporter une analyse lucide des évolutions de sa profession, il pointe les directions pertinentes dans lesquelles elle doit s’engager.

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